Depuis quelques années, Pékin est devenue un immense chantier afin de se préparer à accueillir les jeux Olympiques de 2008. Pas une rue, pas un quartier ne déroge à la règle. Il faut tout changer, tout reconstruire en plus moderne. Les anciens quartiers historiques de hutongs ont subi les assauts des bulldozers. Les habitants relogés dans des tours dans les banlieues lointaines ne peuvent que protester, la machine est en marche. Une armée d’ouvriers, venus des campagnes chinoises arrive à la gare centrale pour y être recruté. Ils viennent pour construire le nouveau Pékin avec la promesse de ramener au village un peu d’argent. On les appelle les mingongs, car ce sont des immigrés de l’intérieur. Pour la plupart sans permis de résident, ni contrat de travail, ils constituent une main d’œuvre bon marché pour les entreprises de BTP chinoises ou étrangères. Les plus prestigieuses réalisations dessinées par des architectes mondialement reconnus sont confiées a ces milliers d’ouvriers mingongs. Il en est ainsi du nouvel Opéra de Pékin, comme du futur stade olympique, de l’aéroport comme de la dernière tour commerciale. Derrière la technologie dernier cri, les méthodes de construction restent traditionnelles. Les chantiers de Pékin occupent la moitié des mingongs, soit 2 millions d’ouvriers occupés à redessiner la capitale. Ces mingongs vivent dans des baraquements sommaires qu’ils occupent par brigades dans des dortoirs qui leur servent de lieux de détente. Le soir après le travail, ils regardent leur mini-télé, installation de fortune, ou joue au ma-jong ou aux cartes. Leur nourriture, un peu de riz et de légumes bouillis avec parfois de la viande. Les accidents sont nombreux, même si la presse n’en parle que très peu. Mais eux fiers de participer à ces constructions prestigieuses respectent la loi du silence. Chaque corps de métier vient d'une ville ou d'une région différente et parle le même dialecte. Des villages se récréent ainsi sur les immenses chantiers du futur Pékin. Une fois par an, à l’occasion du nouvel an, ils quittent leur chantier pour regagner par le premier train, leurs villages les bras chargés de cadeau de pacotille, et des tonnes d’histoires à raconter. Ce sont les véritables héros de la Chine nouvelle.
Un trou béant dans le centre de Pékin à deux pas de la Cité Interdite, constitue les fondations de l'opéra de Pékin, terminé en 2006. Plus de 10.000 ouvriers y ont travaillé nuit et jour. Réalisé par l'architecte français Paul Andreu, ce projet pharaonique a coûté près de 3 milliard de yuans.
LEA0139735x © Alain Le Bacquer
Du 3e jusqu'au 6e périphérique, tout autour de Pékin, les tours d'immeubles poussent comme des champignons. La ville est en pleine effervescence et se prépare pour les JO de 2008.
LEA0139739x © Alain Le Bacquer
Dans les quartiers historiques de hutongs du vieux Pékin, des symboles dessinés au pinceau sur les façades condamnent à la démolition des maisons parfois millénaires.
LEA0139745x © Alain Le Bacquer
Dans le quartier de Chaoyangmen, près du tout nouveau Full Link Plaza, un centre commercial construit par un riche entrepreneur de Hong Kong. Un quartier traditionnel est en pleine démolition.
LEA0139746x © Alain Le Bacquer
Le chantier du stade olympique est lui aussi gigantesque, il fait parti des grands projets de Pékin 2008.la structure en nid d'oiseau du futur stade olympique est assemblée morceau après morceau avec le soutien d'ouvriers voltigeurs et soudeurs.
LEA0139765x © Alain Le Bacquer
A l'entrée des chantiers, des gardiens en uniforme veillent a la sécurité des lieux. Pourtant à l'intérieur les conditions de travail ne sont pas toujours aux normes.
LEA0139749x © Alain Le Bacquer
Constitués en brigades de travail, par métiers, ces ouvriers des provinces sont recrutés et emmenés sur les différents chantiers de la ville.
LEA0139743x © Alain Le Bacquer
Franche camaraderie et rigolades font aussi partis du quotidien de ces ouvriers. La plupart sont fiers de construire les avenues et les tours du nouveau Pékin.
LEA0139731x © Alain Le Bacquer
Comme le héros de la Chine révolutionnaire de l'époque Mao, cette ouvrier chinois semble tout droit sortie d'une iconographie révolue
LEA0139737x © Alain Le Bacquer
Sur le chantier de l'opéra de Pékin, des ouvriers se reposent pendant la courte pause du déjeuner. On mange assis sur son casque un bol de riz ou une soupe.
LEA0139742x © Alain Le Bacquer
Ouvriers sur le chantier du stade Olympique. Tous les corps de métiers du bâtiments y sont représentés. Les ouvriers viennent de différentes parties de la Chine suivant leur spécialité.
LEA0139756x © Alain Le Bacquer
Le terrassement est la première étape après la démolition des anciennes maisons en briques du centre ville. Ici va être érigé un centre commercial ultra moderne.
LEA0139751x © Alain Le Bacquer
Les ouvriers mingongs, viennent de différentes régions de la Chine. Ils sont recrutés suivant leur savoir faire. Ainsi chaque métier provient d'une province spécifique. Ces terrassiers sont originaires des provinces du nord.
LEA0139748x © Alain Le Bacquer
Les ouvriers soudent avant d'assembler l'un des morceau de la structure en nid d'oiseau du futur stade Olympique de Pékin.
LEA0139772x © Alain Le Bacquer
Sur le chantier du stade Olympique de Pékin et sa structure si particulière en " nid d'oiseau" on s'agite pour finir a temps l'ouvrage.
LEA0139767x © Alain Le Bacquer
Tenue de sécurité pour cet ouvrier qui travaille sur les grues du chantier de l'Opéra de Pékin.
LEA0139736x © Alain Le Bacquer
A l'Est de Pékin , sur le ligne de métro qui se dirige vers Tongxian, les nouvelles banlieues de Pékin accueillent les classes moyennes et les expulsés des vieux quartiers du centre ville.
LEA0139729x © Alain Le Bacquer
Les baraquements qui servent de logements aux ouvriers travaillant sur le stade Olympique se trouvent derrière le chantier. Ici, les conditions de vie sont plutôt bonnes. D'autres chantiers n'offrent pas le même confort a leurs ouvriers Mingongs.
LEA0139757x © Alain Le Bacquer
Le logement des ouvriers du stade Olympique est plutôt décent. Parfois les ouvriers qui travaillent sur les avenues ou les chantiers du futur Pékin ne sont hébergés que dans des camps de toiles.
LEA0139759x © Alain Le Bacquer
Pause cigarette pour cet ouvrier, près de son dortoir, situé derrière le chantier du futur stade olympique de Pékin.
LEA0139769x © Alain Le Bacquer
A l'intérieur d'un baraquement , un gardien fait la visite.
LEA0139771x © Alain Le Bacquer
Dans un dortoir du chantier du stade olympique à Pékin, les ouvriers se restaurent après le travail. Un bol de riz et de l'alcool local pour se remonter après le dur labeur. Une autre équipe a pris le relais.
LEA0139763x © Alain Le Bacquer
L'équipe de nuit joue au majongs, pendant que l'équipe de jour travaille sur le chantier. Les roulements se font 24h sur 24h afin de finir le stade Olympique dans les délais.
LEA0139760x © Alain Le Bacquer
Dans les dortoirs des ouvriers mingongs on bricole de minuscules télévisions pour regarder les séries chinoises qui parlent de réussite et de bonheur.
LEA0139761x © Alain Le Bacquer
les ouvriers de ce chantier, debout à l'arrière d'un bus camionnette empruntent une avenue du nouveau Pékin pour rentrer dormir dans leur camp de toile à quelques kilomètres du centre ville.
LEA0139730x © Alain Le Bacquer
Les valises remplies de cadeaux pour la famille restée au village, cet ouvrier mingong prépare son départ du chantier. Les ouvriers qui travaillent sur les chantiers de Pékin ne retournent qu'une seule fois par an dans leurs villages a l'occasion du nouvel an chinois.
LEA0139764x © Alain Le Bacquer
Les mingongs n'ont pas vu leur familles restées dans les villages de provinces reculées depuis l'an dernier. Malgré l'attente des trains bondés en gare de Pekin, la joie du retour prend le dessus.
LEA0139738x © Alain Le Bacquer
Départ d'ouvriers Mingongs des chantiers chargés de sacs et bagages , avant la période du nouvel an chinois. Souvent ils doivent attendre dans les gares , car a cette période les trains pour les provinces chinoises sont bondés.
LEA0139741x © Alain Le Bacquer